Monsieur le Préfet,
Je me permet de vous écrire afin de solliciter votre bienveillance à propos d’un problème me concernant mais aussi concernant tous les parents d’enfants handicapés, polyhandicapés ou atteint de graves maladies.
Notre petite Coline nous a quitté le 12 novembre dernier ce qui nous a causé une grande douleur,Coline était polyhandicapée et nécessitait une présence permanente pour l’aider dans sa vie de tous les jours. J’ai donc sacrifié ma vie professionnelle afin de m’occuper d’elle tous les jours. Ma petite fille ne parlait pas, ne marchait pas, était convulsive et sous oxygène. Nous nous sommes toujours battu pour elle.
Aujourd’hui, je suis confrontée à un autre problème. Coline n’étant plus là, je me suis mise à la recherche d’un emploi en tant que femme de ménage / auxiliaire de vie. M’étant occuper de Coline durant près de 10 années, je considère travailler auprès de personnes en état de dépendance ou de grande dépendance plus comme une vocation que comme un métier. Or, il s’avère que mon parcours intéresse énormément les établissements ou associations concernés par les services à la personne mais n’ayant pas droit au CAE (contrat d’accompagnement dans l’emploi) ceux-ci hésitent à me faire signer un contrat. Je vous ferai grâce ici des difficultés financières que je risque de rencontrer si je ne retrouve pas rapidement un emploi n’ayant droit à rien.
Le contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE) est un contrat de travail à durée déterminée destiné à faciliter l’insertion professionnelle des personnes sans emploi rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières d’accès à l’emploi. Seuls le préfet décide du public concerné et des critères d’attribution des contrats CAE. Les critères sont d’être au moins deux ans inscrit à l’ANPE et/ou bénéficiaire du RMI. Il s’avère que je ne peux bénéficier de ce type de contrat m’étant inscrite seulement 15 jours après le décès de Coline alors que la plupart des employeurs sont demandeurs avant une embauche éventuelle.
Je sollicite donc votre bienveillance afin que je puisse bénéficier par une dérogation exceptionnelle de ce contrat d’accompagnement dans l’emploi et que vous poussiez cette réflexion afin de rétablir l’injustice frappant les parents de personnes handicapés ou gravement malade.
Il est dommage que des personnes ayant sacrifié leur vie sociale, professionnelle et familiale doivent encore être mise au ban de l’intégration après le départ de l’être cher dont ils se sont tant occupés.
Dans l’attente, je vous prie d’agréer, M. le Préfet, l’expression de mes respectueuses salutations.
Mme Martinache Sandrine
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