Après ton départ...

Tu as laissé un vide immense, une plaie béante qui ne se refermera jamais.
J'ai voulu reprendre le travail très vite... ça allait me faire du bien. Maman aussi pensait que ça allait lui faire du bien. Elle a commencé à travailler à l'usine de papa en même temps que papa reprenait le boulot.
Nous avons tenu une semaine et demi et puis... C'etait trop dur, nous nous retenions de pleurer tous les jours. Tout cela a été trop rapide, ton départ a été pour nous d'une violence inouïe.
A quoi cela sert-il de faire semblant ?

Maman voudrait s'occuper des personnes handicapés, des malades ou des personnes en état de grande dépendance.
Elle a un trou de 10 ans dans son CV... Pas simple pour trouver du boulot. On se dit : "Ils vont comprendre" mais non, ils s'en foutent.
Sandrine a envoyé 14 courriers pour du boulot en tant que femme de ménage ou auxiliaire de vie, elle n'a reçu que 2 réponses négatives.

Aucune reconnaissance de ses dix années de sacrifice.

Une maison de retraite a simplement regretté le fait que Sandrine ne puisse bénéficier du CAE sinon, ils l'auraient prise en contrat.
Le CAE ? Nous ne savions même pas ce que c'était. Nous avons donc fait des recherches  :

Le contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE) est un contrat de travail à durée déterminée, destiné à faciliter l’insertion professionnelle des personnes sans emploi rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières d’accès à l’emploi. Ce contrat s’adresse aux employeurs du secteur non marchand (collectivités territoriales, associations loi 1901, …).

Il s'avère que ce sont les prefets de région qui decident du public concerné par les CAE
En Pays de la Loire, il faut être soit inscrit à l'ANPE depuis plus de 2 ans, soit RMIste, soit juste sorti de prison.

Nous avons donc écrit au Prefet :


Monsieur le Préfet,

Je me permet de vous écrire afin de solliciter votre bienveillance à propos d’un problème me concernant mais aussi concernant tous les parents d’enfants handicapés, polyhandicapés ou atteint de graves maladies.

Notre petite Coline nous a quitté le 12 novembre dernier ce qui nous a causé une grande douleur,Coline était polyhandicapée et nécessitait une présence permanente pour l’aider dans sa vie de tous les jours. J’ai donc sacrifié ma vie professionnelle afin de m’occuper d’elle tous les jours. Ma petite fille ne parlait pas, ne marchait pas, était convulsive et sous oxygène. Nous nous sommes toujours battu pour elle.

Aujourd’hui, je suis confrontée à un autre problème. Coline n’étant plus là, je me suis mise à la recherche d’un emploi en tant que femme de ménage / auxiliaire de vie. M’étant  occuper de Coline durant près de 10 années, je considère travailler auprès de personnes en état de dépendance ou de grande dépendance plus comme une vocation que comme un métier. Or, il s’avère que mon parcours intéresse énormément les établissements ou associations concernés par les services à la personne mais n’ayant pas droit au CAE (contrat d’accompagnement dans l’emploi) ceux-ci hésitent à me faire signer un contrat. Je vous ferai grâce ici des difficultés financières que je risque de rencontrer si je ne retrouve pas rapidement un emploi n’ayant droit à rien.

Le contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE) est un contrat de travail à durée déterminée destiné à faciliter l’insertion professionnelle des personnes sans emploi rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières d’accès à l’emploi. Seuls le préfet décide du public concerné et des critères d’attribution  des contrats CAE. Les critères sont d’être au moins deux ans inscrit à l’ANPE et/ou bénéficiaire du RMI. Il s’avère que je ne peux bénéficier de ce type de contrat m’étant inscrite seulement 15 jours après le décès de Coline alors que la plupart des employeurs sont demandeurs avant une embauche éventuelle.

Je sollicite donc votre bienveillance afin que je puisse bénéficier par une dérogation exceptionnelle de ce contrat d’accompagnement dans l’emploi et que vous poussiez cette réflexion afin de rétablir l’injustice frappant les parents de personnes handicapés ou gravement malade.

Il est dommage que des personnes ayant sacrifié leur vie sociale, professionnelle et familiale doivent encore être mise au ban de l’intégration après le départ de l’être cher dont ils se sont tant occupés.

Dans l’attente, je vous prie d’agréer, M. le Préfet, l’expression de mes respectueuses salutations.

                                                                                              

                                                            Mme Martinache Sandrine


 


 



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